Résiliation d’un contrat – Nouveau cas de dispense de mise en demeure préalable.

1.       Un formalisme légal contraignant

En 2016, la réforme du droit des contrats a offert trois modes de résolution d’un contrat à savoir : la résiliation par application d’une clause résolutoire (art. 1225 C.civ), la résiliation unilatérale (art. 1226 C.civ) et la résolution judiciaire (art.1228 C.civ) .

En principe, la validité de la résiliation unilatérale d’un contrat, par application d’une clause résolutoire ou par voie de notification, est subordonnée à la mise en demeure préalable du débiteur par le créancier de satisfaire à son obligation contractuelle dans un délai raisonnable.

⚠️ Le respect de ce formalisme est essentiel, pour ne pas se voir opposer une résiliation fautive et engager sa responsabilité.


2.       Appliquer une clause résolutoire

Le Code civil pose deux conditions à l’application d’une clause contractuelle susceptible d’emporter résolution d’un contrat :

  •  La clause doit préciser expressément les obligations dont l’inexécution entrainera la résolution du contrat.
  • Une mise en demeure préalable doit être envoyée au débiteur et restée infructueuse. Nous vous alertons sur le contenu de la mise en demeure qui doit viser expressément la volonté́ du créancier de se prévaloir de la clause résolutoire à défaut d’exécution par le débiteur dans le délai qui lui est octroyé́.

⚠️ Prenez garde à (i) la rédaction des clauses résolutoires prévues dans les contrats conclus avec vos partenaires commerciaux, et (ii) au contenu des mises en demeure faisant application de telles clauses.

💡 Exception envisageable à l’envoi préalable d’une mise en demeure : le contrat doit écarter expressément ce formalisme et prévoir qu’aucune mise en demeure n’est nécessaire pour emporter résiliation du contrat a effet immédiat.


 3.       Résilier sans clause résolutoire

L’unique exception légale – l’urgence : le Code civil ne prévoit qu’un seul cas de dispense pour le créancier de mettre en demeure son débiteur préalablement à la résiliation unilatérale du contrat : l’urgence de la situation.

La nouvelle dérogation jurisprudentielle – l’inutilité : Dans son arrêt du 18 octobre 2023 publié au bulletin, la Cour de cassation est venue ajouter une exception à celle prévue par la loi. Elle considère que la mise en demeure n’a pas à être délivrée par le créancier lorsqu’il résulte des circonstances que celle-ci serait « vaine ». Cela vise l’hypothèse d’une inexécution irrémédiable et définitive.

💡 En cas d’urgence ou d’inexécution définitive, la mise en demeure ne remplit plus ses fonctions initiales que sont la menace faite au débiteur si la défaillance persiste et l’octroi d’un délai pour y remédier.

L’auteur de la rupture peut être dispensé de mettre en demeure son cocontractant sous deux conditions cumulatives :

  • La gravité du comportement du débiteur ; et
  • L’urgence de la situation ou l’inutilité de la mise en demeure.


4.       Rappels utiles pour une résiliation régulière

  • Vérifiez les termes du contrat si vous souhaitez faire application d’une clause résolutoire. Il est nécessaire de s’assurer que l’inexécution de votre cocontractant figure bien parmi celles visées précisément par la clause.   
  • Respectez le formalisme contractuel et notamment les clauses de conciliation préalable, les délais et les formalités de notification (remise par courrier ou voie électronique par exemple) à respecter.
  • Vérifiez que le comportement de votre cocontractant revêt un n
  • caractère suffisamment grave rendant impossible la poursuite de la relation.
  • Assurez-vous de pouvoir vous dispenser d’une mise en demeure préalable en cas de résiliation par notification soit parce qu’il s’agit d’une situation d’urgence ou en raison du caractère définitif de l’inexécution.
  • Faites-vous accompagner pour juger de l’opportunité de résoudre unilatéralement le contrat ou de solliciter une résolution judiciaire.

Actualités juridiques

Panorama 2025 : Règlementation du numérique dans l'UE
Panorama 2025 : Règlementation du numérique dans l'UE
IT / DATA / CYBER

L’écosystème réglementaire du numérique en UE n’a jamais été aussi dense. Notre équipe IT – DATA – CYBER vous propose de vous accompagner dans cette lecture d’ensemble à travers son panorama 2025 et ses conseils utiles.

Contrat d’agent commercial – Focus sur la jurisprudence impactant les pratiques
Contrat d’agent commercial – Focus sur la jurisprudence impactant les pratiques
Commerce Distribution Concurrence Consommation

Pour les mandants, le recours à un agent commercial suppose de composer avec un statut protecteur, dont la jurisprudence affine régulièrement les contours. Les dernières décisions de la Cour de cassation apportent des précisions utiles.

Règlement IA : Encadrer l’utilisation de l’IA en entreprise
Règlement IA : Encadrer l’utilisation de l’IA en entreprise
IT / DATA / CYBER

Comment encadrer l'usage de l'IA dans votre entreprise ? Cette fiche devrait vous aider à structurer une approche simple, efficace et adaptée à la réalité terrain pour encadrer vos usages de l’IA en interne.

Règlement IA : Quels sont les différents types d’IA encadrés ?
Règlement IA : Quels sont les différents types d’IA encadrés ?
IT / DATA / CYBER

En parallèle de la détermination de votre rôle dans la chaîne d'approvisionnement (notre fiche n°1), et pour déterminer vos obligations, il est nécessaire d'identifier le type d'IA qui vous concerne, ainsi que son niveau de risque.

Règlement IA : Quel est votre rôle dans la chaîne d’approvisionnement ?
Règlement IA : Quel est votre rôle dans la chaîne d’approvisionnement ?
IT / DATA / CYBER

Le Règlement européen sur l'IA définit des responsabilités précises pour chaque acteur de la chaîne d'approvisionnement. Identifier votre position au sein de celle-ci est une étape clé pour anticiper vos obligations de conformité.

Obligation de partage de la valeur dans les entreprises d’au moins 11 salariés (à compter du 1er janvier 2025)
Obligation de partage de la valeur dans les entreprises d’au moins 11 salariés (à compter du 1er janvier 2025)
Corporate / M&A / Private Equity

Droit des sociétés : êtes-vous concerné par l’obligation de partage de la valeur dans les entreprises d’au moins 11 salariés ?